Bonjour chers lecteurs, j’espère que vous allez bien en cette période de canicule. Voici un billet pas comme les autres. J’ai décidé de repartir à la redécouverte de mon histoire en tant que femme afrodescendante en cherchant des infos sur des héroïnes africaines. J’en ai listé quelques-unes que je vais vous présenter en attendant la sortie de #Kanikabook . Après tout, c’est un peu à cela que sert #petitsboutsdhistoires n’est-ce pas ? Alors, n’hésitez surtout pas à me dire en commentaires ou DM si vous connaissez d’autres anecdotes sur ces personnages ou non. 

Reine Nzinga : Royaume Kongo:

Aucun texte alternatif pour cette image

Je commence cette sélection avec une femme charismatique : Nzinga. A la fois reine, stratège guérière et diplomate, Nzinga est considérée comme un véritable symbole de résistance contre l’invasion des colons. La reine des royaumes de Ndongo et Matamba (Angola actuel), vit le jour en 1583, ayant pour père le roi Kiluanji et pour mère, la reine Kangela. On lui connaît plusieurs noms, comme par exemple, Anna Nzinga, Ana de Sousa Nzinga Mbande ou encore Njinga MbandiNote. La fratrie se composait également d’un frère et de deux sœurs. Son prénom signifie « tordre » ou « enrouler » car la légende indique qu’elle serait venue au monde avec le cou recouvert du cordon ombilical. On raconte que les bébés qui naissaient ainsi seraient plus tard des hommes ou des femmes fiers et sûrs d’eux ! On avait prédit à la reine Kangela, sa mère, que sa fille Nijinga lui succèderait sur le trône. Le roi, son père, l’aimait énormément et n’hésitait pas à la faire participer aux décisions qui concernaient le royaume. De plus, il voulut lui montrer la réalité de la guerre et lui faire découvrir les champs de bataille. C’est ainsi qu’elle mènera plus tard une guérilla armée contre les troupes portugaises en Angola afin de sauver son peuple. 

Princesse Yenega : Burkina Faso

Aucun texte alternatif pour cette image

Au Burkina Faso, il existe une femme très connue: la princesse Yennega, dont le destin est de préserver l’honneur de l’empereur des Mossi, son père, en combattant férocement les ennemis du royaume, en particulier les « Nionosse ». Après plusieurs échecs de la part des meilleurs guerriers de l’empereur, Yennega part victorieusement au combat sur son fier destrier « Enigme d’Hivernage » que le palefrenier de son père lui a offert !

Nehanda Nyakasikana : Zimbabwé

Aucun texte alternatif pour cette image

En 1840, en plein coeur de la Rhodésie, vient au monde une petite fille prénommée Nehanda Nyakasikana. Une légende raconte que Nyamhika, fille de l’empereur Mutota, s’oblige à vivre un inceste avec son demi-frère afin de le rendre plus fort. En effet, on considère que sa filiation est semi-divine et qu’elle possède, de ce fait, un pouvoir magique ! Effectivement, Matope, son demi-frère, parvient à développer puissamment le royaume, dont il partage le pouvoir avec sa demi-soeur qui prendra désormais comme prénom, Nehanda. La tradition nous indique qu’à sa mort, son âme s’est transformée en mudzimu royal, sorte d’esprit des ancêtres, en étant hébergée à l’intérieur d’un lion ! Il lui faudra attendre que naisse la bonne personne pour que son âme réinvestisse un corps humain. Le peuple Shona, dont est issue Nehanda Nyakasikana, révèle, enfin, que quatre cent ans après, c’est cette petite qui porte en elle l’ âme de la princesse disparue. Cette réincarnation permettra à la première de devenir une voyante renommée !

Reine Hangbé : Bénin

Aucun texte alternatif pour cette image

      Je voudrais vous parler maintenant d’une princesse issue de la dynastie royale d’Abomey: il s’agit de Tassi Hangbé, sœur jumelle du roi Akaba. Cette jeune femme aimait passionnément la musique et, du matin au soir, elle enchantait tout le monde avec sa voix. De soirées en soirées, elle rendait sa famille heureuse en partageant avec elle de très belles chansons. Lorsqu’elle n’était pas là, on envoyait des coursiers pour la ramener chez elle car ses frères et son père ne pouvaient plus se passer de sa voix si mélodieuse. D’ailleurs, si l’on traduit en français son nom « Hangbé », on obtient… « voix de la chanson » ! Un jour, son frère le roi, décéda d’une maladie alors qu’il était engagé dans un conflit avec d’autres royaumes. Afin de s’assurer de la victoire, on ne dit rien afin que le moral des soldats reste très haut. Hangbé fin en sorte de ressembler le plus possible à son frère et prit le commandement de l’armée.

Ndaté Yalla Mbodi : Sénégal

Une grande reine du Waalo, territoire du Nord-Ouest du Sénégal, régna au XIXème siècle. Ndaté Yalla Mbodj ou Ndete Yalla, comme on l’appelle parfois, fut une grande résistante face à la domination française. Elle combattit contre ses deux ennemis, les Européens et les Maures et fut couronnée en 1846. Peu après, les affrontements commencent, suite à sa demande de droit de passage pour le peuple Soninké qui amenait du bétail à Saint-Louis. La famille de Ndaté Yalla Mbodj était déjà engagée dans la résistance comme par exemple, sa soeur Ndjeumbeut Mbodj.

Par ailleurs, elle est aussi la maman de Sidya Léon Diop, qui sera amené, à son tour, à combattre avec courage les envahisseurs européens, afin de refuser la colonisation de son pays, le Sénégal.

Amina Sarauniya : Nigéria

Connaissez-vous la terrible reine guerrière Amina de Zaria ? Vivant en Afrique du nord, elle agrandit la superficie de son royaume Haoussa. Sa renommée était grande et son nom resta célèbre car on créa une série « Xéna », qui rappelle de manière romancée, son histoire.

Cette reine, chef de guerre et probablement musulmane régna environ 34 ans sur son peuple, autour des XVI et XVIIème siècles. On ne sait pas grand chose d’elle car son histoire fut reconstituée à partir des écrits houssa anonymes, issus des Chroniques Kano et traduits par Muhammed Bellow. On pense que Zazzau, ville où elle régnait, est en fait, la capitale de l’émirat de Kaduna, au Nigéria. Par ailleurs, comme beaucoup d’éléments supposés de sa vie se sont transmis par tradition orale, son aura a pris des proportions considérables dans la conscience populaire sans que l’on puisse tout vérifier. On sait, par contre, qu’elle vécut 2 siècles avant la mise en place de la fédération de Sokoto-Califat, qui gérait administrativement le Nigéria durant la main mise de l’empire britannique sur le pays.

Kimpa Vita : Congo

Une prophétesse africaine prénommée Beatriz Kimpa Vita mais aussi Béatrice du Congo, Dona Beatriz ou Tchimpa M’vita vit le jour autour de 1684 dans le célèbre royaume du Kongo. La légende nous dit qu’elle aurait crée une religion de toute pièce mais en utilisant des références chrétiennes. De plus, elle aurait puisé son inspiration dans la culture traditionnelle du Kongo. Appartenant au clan Mwana Kongo, Beatriz avait des dons particuliers car elle recevait des visions et communiquait avec les entités spirituelles. Baptisée durant son enfance, elle s’est rapidement engagée dans la recherche mystique avant de fonder son mouvement. Ses dons lui permettait d’échanger avec le monde des esprits…

Sarraounia : Niger

Il a existé une communauté animiste dénommée Azna, qui vivait dans le sud-ouest du Niger à la fin du XIXème siècle et dont une des reines fut Sarraounia. Pour bien préciser les choses, Sarraounia n’est pas un prénom mais la traduction du mot « reine » en langue Haoussa. Les historiens nous apprennent d’ailleurs que la cheffe du village de Lougou se serait prénommée Mangu ou Mangou, suivant différentes orthographes. Alors que beaucoup de territoires de l’ouest africain acceptaient la domination française, Sarraounia fit le choix de la résistance avec sa tribu, en particulier face aux troupes emmenées par les officiers Voulet et Chanoine. Elle disparaîtra des mémoires avant de revenir sur le devant de la scène en devenant l’icône du panafricanisme au cours des années 80.